dimanche, août 27, 2006

Technique : l'évangile selon Gartner

Gartner, dinosaure des cabinets d'études techniques, nous livre son analyse des technos de demain qui pointent déjà le bout de leur nez aujourd'hui. Exercice difficile, tant l'Internet entraîne une accélération des cycles d'émergence et de vie des techniques...et suscite des effets de mode qui viennent facilement brouiller les cartes.
 


C'est l'occasion de se rappeler que la notion de "Web 2.0" n'a de sens que d'un point de vue technique, centré autour des technos Ajax et autres permettant la mise à disposition d'outils plus poussés sur le poste client (permettant plus d'interactions avec les contenus consultés, voire avec les serveurs, de manière quasiètransparente) et non de cet espèce de récupération marketing qui veut que le web d'aujourd'hui soit "devenu" interactif et participatif... alors qu'il l'est depuis le début !!! C'était la manière de penser le web qui ne l'était pas.
 


La logique des réseaux sociaux (je n'aime pas cette appellation, très restrictive car elle donne l'impression qu'elle se limite aux réseaux de type Viaduc ou LinkedIn, ce qui est faux) a en effet un grand avenir, dans le sens où cette logique permet de donner un sens à une connaissance répartie sur un nombre significatif de personnes à travers une mise en commun et surtout une organisation de cette connaissance. C'est entre autres ce qui fait que le Net permet d'accéder à une connaissance difficilement matérialisable avant (et de la manipuler de manière plus ou moins visible, sous couvert de légitimité donnée en apparence par le nombre, ce qui donnera sans doute lieu à de nombreux soucis dans l'avenir).
 


Fortement lié, le concept d' "intelligence collective" n'est rien d'autre que la capacité d'un groupe à se structurer pour optimiser l'usage des compétences de ceux qui la composent tout en évitant au maximum les biais résultant de leur interaction (entre eux et avec l'extérieur).
 


Quant à la géolocalisation, aujourd'hui presque simple, très fiable, elle rajoute une dimension physique à toutes les problématiques de communication. Son succès ne surprendra donc personne.. Reste à en faire le meilleur usage et surtout... à coordonner les différents acteurs et outils entre eux de manière à rendre leur usage réellement simple et pratique. Question de temps.
 


Notns également la percée des applications "orientées services", mieux adaptée que l' "orienté objet" à la place que l'informatique est en train de prendre dans notre société. Et il et amusant de voir qu'on revient sémantiquement au principe de base de l'informatique : rendre service. Serait-ce le signe que l'informatique commence enfin à atteindre l'âge de raison ?
 


C.
 


Article du Journal du Net (25 août) :
 


http://solutions.journaldunet.com/0608/060825-gartner-techno-emergentes.shtml

dimanche, mars 12, 2006

L'économie de l'attention

On réalise aujourd'hui que nous sommes exposés à de plus en plus d'information. Qui demande toujours plus d'attention pour trier cette information et trouver ce qu'on cherche. Notre capacité d'attention n'a pas la possibilité d'évoluer aussi vite que le volume de ces informations. Il y a donc de moins en moins d'attention et comme toute denrée rare, on cherchera de plus en plus à :
1. capter cette attention
2. économiser cette attention

Cela s'appuie sur le même principe que les "parts de cerveau disponibles" du patron de Tf1.

Le point 1 est au coeur de toutes les stratégies de communication depuis longtemps, le point 2 est en train de devenir crucial au sein de la stratégie de tous les supports, tout spécialement sur le Net.

C.

L'article :

"What information consumes is rather obvious: it consumes the attention
of its recipients. Hence a wealth of information creates a poverty of
attention, and a need to allocate that attention efficiently among the
overabundance of information sources that might consume it."

Believe it or not, author Herbert Simon wrote this quote in "Computers,
Communications and the Public Interest" in 1971, though it could very
well apply to our information overload today. On a daily basis, bandwidth
continues to broaden, storage grows ever larger and cheaper, and content
keeps flowing from the firehose, but what about our 60,000-year-old patterns
of information processing?

Welcome to the Attention Economy.

[Source : blog O'Reilly]

Les étiquettes radio : l'avènement des objets autonomes ?

Le RFID, que nous évoquions il y a quelques années du point de vue industriel, est sur le point de franchir un pas supplémentaire vers notre quotidien.

A travers l'ouverture de notre espace radio, ces puces ouvrent la porte d'un univers "tout connecté" où chaque objet pourra jouer son rôle de manière autonome et automatique. Les rêves de domotique -entre autres- sont sur le point de se réaliser.

Un territoire neuf, donc des marchés à prendre... et des dérives potentielles à anticiper !!!

C.

L'article :

Au CeBIT, les étiquettes RFID tiennent la vedette. Bruxelles a décidé de se battre pour leur généralisation, en travaillant sur la standardisation et les fréquences.

Consulter l'article sur 01Net...

Lycos privilégie l'humain

Le moteur de recherche de Lycos sollicite les utilisateurs pour répondre aux questions des internautes.

Avec cet outil, Lycos se positionne sur l'échiquier des partis pris technologiques du côté Yahoo plutôt que Google, en privilégiant l'approche humaine pour améliorer la pertinence des réponses aux questions des internautes (comme Yahoo le fait à travers l'outil de recherche de photos récemment racheté où ce sont les internautes qui associent eux-même des mots-clés aux photos rentrées) plutôt que l'approche "outil" (c'est la puissance et la sophistication de l'outil qui vont faire la pertinence des résultats, comme c'est le cas sur Google).

Deux approches "concurrentes" en terme de pertinence des moteurs de recherche, mais qui seront à terme complémentaires. Reste à creuser les nuances entre les deux pour voir dans quel cas l'une est meilleure que l'autre... et comment allier les deux pour un service encore plus performant qu'une de ces deux approches seule.

C.

Consulter l'article sur le Journal du Net...

samedi, avril 09, 2005

Quelques repères sur le référencement...

Quelques éléments sur le référencement à travers l'expertise d'un des gourous du métier.

- Pas de bol : les balises META keywords ne servent plus à rien !
- Il faut beaucoup, beaucoup utiliser les mots-clés dans le texte des pages.
- Mettez entre 7 et 10 mots dans les titres de vos pages (et ne dépassez pas 100 caractères)

Et de nombreux petits outils excellents et très pratiques !

La page outils d'Abondance.com :
- optimiser le référencement des pages de son site
- visualiser ce que voit un robot en passant sur un site
- pour identifier les annonceurs de liens sponsorisés sur un mot-clé ou groupe de mots-clés
- et bien d'autres...
http://audit.abondance.com/

Pour tester la visibilité d'un site dans le PIF (Paysage Internet Français) :
http://www.yoovi.com/

L'article complet sur le JDNet :
http://www.journaldunet.com/chat/retrans/050405_andrieu.shtml

Christophe

dimanche, mars 20, 2005

Peer to peer et téléchargement légal

J'ai assisté hier à la présentation de thèse de Sylvie, ma 'filleule' de mastère, qui parlait des nouveaux modèles de vente de musique en ligne. Présentation fort intéressante, où nous avons eu l'occasion d'aborder tous les aspects de ce débat.

J'ai aujourd'hui l'impression d'y voir beaucoup plus clair ! L'affrontement idéologique entre les tenants du modèle "tout gratuit", ceux du modèle "payant" et les journalistes a permis de passer en revue un peu tous les aspects du problème...


En résumé, voilà une mini-synthèse :

LE VRAI PROBLEME :

Les maisons de disque n'ont pas vu venir la vague de l'Internet et sont restés sur leur métier premier qui est la vente de 'galettes' (vente de CD audio) au lieu de se positionner sur leur métier de demain : la vente de musique, avec tout ce que ça implique dans le changement de mentalité... Par exemple, s'il n'y a qu'un ou deux titres de valables dans un album, les gens n'achèteront plus les douze autres qui ne valent pas un clou... Donc fini le 'remplissage' d'album artificiellement 'tiré' par un single poussé par de la promo à outrance sur les radios FM !
Comme le consommateur peut facilement écouter un échantillon avant d'acheter, fini la pure tactique marchande, il faut priviliégier la qualité.

L'argument rabaché par les maisons de disque "le Peer-to-peer tue la créativité" ne tient donc guère la route, car c'est plus les elles qui refusent à aujourd'hui d'adopter une mutation de leur métier qui privilégiera la qualité à la quantité !

C'est un peu comme FT qui faisait un lobbying d'enfer avant 97 pour fustiger les méfaits du "grand satan Internet, où l'on retrouve piratage et pornographie" (et on pouvait voir quelle influence pouvait avoir FT à l'époque à travers les médias qui reprenaient TOUS la même rengaine, jusqu'à ce que -bizarrement- un beau jour, tous les médias se mettent à dire que l'Internet c'est super ! Marrant, FT venait juste de consolider son offre Internet FAI et Pro...).

L'état ne sait pas trop par quel bout prendre le problème, entre le lobbying des maisons de disque et le mécontentement des internautes. La loi sortie de taxation sur les supports est injuste, car elle taxe tout le monde, y compris les utilisateurs qui ne téléchargent rien !!! Cela revient à considérer que 'par défaut, on est un pirate', foulant au passage au pied la présomption d'innocence qui est pourtant une des clés de notre système judicaire !

AUJOURD'HUI :

Depuis août 2004, la loi est assez claire et interdit le téléchargement illégal. Les premiers procès -même si une jurisprudence (à Montpellier) vient remettre un peu la chose en question- confirment que l'usage du Peer-to-peer est bel et bien illégal.

Napster, Kazaa et autres 'gros' sont en disgrâce et les utilisateurs 'lambda' utilisent peu ou plus du tout le peer-to-peer pour deux raisons :

> peur du gendarme (sauf changement de loi, mais ne pas compter dessus car ça serait remettre en cause le principe même du droit d'auteur)

> difficulté de trouver un réseau d'échange qui fonctionne, avec une masse critique suffisante pour trouver ce qu'on cherche (de plus, tous ces réseaux sont de plus en plus pollués par des spywares et fichiers parasites de tous poils...)

Plusieurs acteurs du marché commencent à se positionner sur le téléchargement payant 'à l'acte'. D'Apple à Coca-cola, chacun essaie de prendre une part d'un gâteau qui devrait être juteux à terme.

Mais le point-clé est que les fournisseurs d'accès ont la possibilité technique de repérer un téléchargement de musique et d'agir en conséquence, et peuvent par exemple :

- couper le téléchargement en cours

- pénaliser l'utilisateur (amende ou autre)

- le dénoncier aux autorités


Aujourd'hui, ils s'en moquent parce que le marché du haut débit est encore en phase 'montante'. Dès lors qu'il ne restera plus que 3 ou 4 acteurs sur le marché et que la croissance du nombre d'internautes sera calmée (et c'est l'affaire d'1 ou 2 ans au maximum), les fournisseurs d'accès s'entendront pour des pratiques similaires au niveau juridique (c'est nécessaire) histoire de ne se battre commercialement que sur les services proposés.

Donc de toute façon, mis à part pour une ptite minorité de technophiles aguerris prêts à dépenser du temps et de l'énergie pour rester sur un modèle de Peer-to-peer, pour 99% des internautes, le Peer-to-peer gratuit est déjà du passé.

DEMAIN

Si on prend un peu de recul, le vrai enjeu est la dématérialisation des contenus. Il faut accepter qu'un contenu qui peut être transmis sans transmission d'un support physique ait une valeur.

Or, c'est déjà le cas pour deux contenus :
- les articles de journaux
- l'accès à des communautés (sites de rencontres, jeux en ligne)

Dans ces deux cas, on retrouve toujours les deux mêmes modèles :
- paiement à l'acte
- paiement à l'abonnement

Il est inexorable que ces deux modèles s'appliqueront un jour ou l'autre au téléchargement de musique.

Perso, je suis prêt à payer 10 Euros par mois pour avoir un droit de téléchargement illimité (la somme des abonnements ansi contractés étant répartis sur les auteurs + producteurs des auteurs des morceaux téléchargés). 10 Euros, c'est de toute façon plus que mon budget CD mensuel actuel...

Savoir quand ça se mettra en place dépend de la rapidité des maisons de disque à comprendre la mutation de leur métier et à s'adapter plutôt que de crier "au loup", ainsi que de la vitesse de consolidation du marché des fournisseurs d'accès.

Pour plus d'infos sur le sujet, consultez le très complet blog de Sylvie.

Christophe

Un blog sur l'Internet qui ne s'endort pas...

Ce blog est à la base une extention de la liste de diffusion "zeveille", démarrée par mes soins en 1999, pour poursuivre l'initiative du directeur technique (FYL) d'Allaban, l'entreprise où je travaillais alors.

Le but de cette liste est de retransmettre aux personnes intéressées quelques infos intéressante de l'univers Internet (et des 'nouvelles technologies' au sens large, même si ce terme ne veut à mon sens pas dire grand chose), en ajoutant parfois mon avis, lorsque j'estime que ça apporte quelque chose !

En faire un blog n'est rien d'autre qu'un moyen de faire profiter peut-être un peu plus de monde de ce travail... Et d'encourager les uns et les autres à réagir sur les nouveautés du monde Internet, à être acteurs plutôt que spectateurs... Parce que l'Internet ne fait que commencer !

Christophe